Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 10:08
MON « COUP DE BOMBARDE » DE LA SEMAINE

Pas de jalouses, ex-aequo mesdames les députés Patricia Adam et Marguerite Lamour qui ont su se montrer « rassurantes » sur l’avenir des collections patrimoniales après leurs « virées » parisiennes.
Je me suis expliqué sur cet effet d’annonce dès le 28 octobre (actualités du 21 au 28) et le 13 novembre, dans ma présentation du « projet E» pour « projet Estienne ». Tout cela m’a tout l’air d’une tactique du ministère pour calmer les Brestois qui avaient su rapidement se mobiliser, tous partis politiques confondus. Rien de plus désespérant pour un ministère en « grossesse » de restructurations que de voir se dresser devant lui un front uni et motivé prêt à monter au créneau dès l’appel du tocsin.




EN LIGNE DE BATAILLE

Je rends à César…

J’ai pu écrire que le Télégramme de Brest avait levé le « lièvre » du transfert de la bibliothèque et des collections patrimoniales de la Marine vers Lorient et Rochefort. Il n’en est rien. Il revient au syndicat Force Ouvrière de l’arsenal d’avoir diffusé l’information sur la place publique comme compte-rendu d’une réunion en date du 9 octobre. Les délégués syndicaux à la suite d’une rencontre avec Madame Anne-Marie Guyot, conservateur au SHD, Marine de Brest distribuaient un tract de deux pages dès le lendemain exposant et condamnant la manœuvre…
Madame Guyot a été fortement commotionnée par cette épreuve ; j’en tiens pour preuve qu’elle est restée, depuis, pratiquement – totalement – muette et absente dans le débat intéressant les collections patrimoniales brestoises confiées à sa garde. Je lui présente tous mes vœux de prompt rétablissement.




31 octobre 2007
Télégramme de Brest.
« Service historique de la Marine : Marguerite Lamour s’y attelle »
« Patricia Adam rassurante »

[voir ci-dessus]   
et la réaction de M. Patrick Jadé, historien-usager du service historique de la Marine : « Que l’on arrête de mentir ». Cette « réaction » a été plus longuement reproduite dans l’Ouest-France du 26 octobre 2007.


9 novembre 2007
Télégramme de Brest.
 "Service historique de la Marine : les archives restent !"


10 novembre 2007
Télégramme de Brest.
« Service historique de la Marine : c’est gagné, on ne change rien ! », par Stéphane Jézéquel
« Le projet de déménagement du fonds ancien et de la fermeture de la salle de lecture du service historique de la Défense à Brest, imaginé pour 2010, n’ira pas à son terme. La pression populaire a fait exploser cette restructuration imaginée en catimini. »….


Que de bonnes nouvelles ! Ici encore je ne vais pas en rajouter une couche. Je l’ai écrit (cf : ma chonique, « Projet » du 13 novembre 2007). Je n’y crois pas. Je ne suis d’ailleurs pas certain que nos envoyés spéciaux y croient eux-mêmes par delà l’horizon 2010... M. Boulaire, historien, présent à l’audience du ministère y met, lui-même, quelques réserves signalées par le journaliste, en rapportant les propos du directeur adjoint de cabinet du ministre : « Pas question d’y toucher pour le moment ». Je ne mets pas en cause la bonne volonté et la bonne foi de tous ces « envoyés ». Mais il reste une certitude : tous ces bons vœux ne sont pas rapportés dans le communiqué du ministre en date du 8 novembre 2007.
Alors ont-ils pris les bonnes paroles ministérielles pour argent comptant ?… Cela y ressemble.
Aussi, en dépit de toutes ces belles paroles lénifiantes, restons mobilisés. C’est loin d’être gagné !




SUR LE PONT avec les moussaillons :


- le Cercle généalogique du Finistère et son passionnant forum ;
- les Cahiers de l’Iroise, société académique de Brest et du Léon par l’intermédiaire de son président, M. Patrick Galliou ;
- l’institut culturel de Bretagne/Skol-Uhel Ar Vro (Télégramme du 8 novembre 2007) ;
- les élus landernéens ;
- les élus U.M.P. : M. Benoît de Cadenet, Régis Hébert, Jean-Yves Le Borgne, Marie Monnot, Claudine Péron et Jean-Pierre Rieux qui dénoncent fermement mais discrètement le projet. Auraient-ils plus d’informations sur la suite de la manoeuvre, par l’intermédiaire de leurs réseaux parisiens bien mieux placés que ceux de Mmes Adam et Lamour ?
 
Tous ont fait connaître leur attachement aux collections patrimoniales brestoises.




DANS LA BRUME, à ce jour.
Cela devient une habitude… :

Ministère de la Défense PARIS
Service Historique de la Défense VINCENNES et BREST
Préfecture maritime de BREST
Municipalités de LORIENT, ROCHEFORT, etc.




DERNIERE MINUTE : Sort de la brume…
M. Eric Lucas, contrôleur général des armées, directeur de la mémoire, du patrimoine et des archives au ministère de la défense serait à Brest pendant la semaine 47 et au service historique le jeudi 22 novembre à 16h46.. [ou 47]. Nouvel épisode du feuilleton à lire bientôt dans la presse locale. A condition, bien entendu, que nos amis journalistes soient conviés. A défaut ils pourront toujours s’adresser aux syndicats de l’arsenal…

RESTONS MOBILISES !

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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /Nov /2007 10:44

Transfert vers Lorient et Rochefort des fonds historiques (7 kilomètres de documents) et de la bibliothèque (28 000 ouvrages) du service historique de la défense, département Marine de BREST.

 

 

Le projet, un projet, des projets… quel projet ?

 

Mesdames les députés de Brest,

PARLONS NOUS DU MEME PATRIMOINE ?

 

 

Moins d’un mois après le déclenchement des hostilités, le service historique de la défense, département Marine de Vincennes demande l’Armistice dans ce qu’il est convenu d’appeler dorénavant la « bataille du Patrimoine».

 

De retour de son expédition parisienne, madame Patricia Adam, députée de la circonscription de Brest-ville, accompagnée d’un trio de courageux compagnons (MM Urien, Le Guern et Boulaire) est allée recevoir de la bouche de M. Jean-Paul Bodin, directeur adjoint au cabinet de M. le ministre de la défense la confirmation du maintien à Brest de notre patrimoine tant convoité. Ce dernier, je cite : « a totalement dissipé les inquiétudes concernant la conservation et la consultation des fonds patrimoniaux du service historique de la Marine à Brest… ». Alléluia ! Merci madame Adam.

 

Me voilà bien avancé. La guerre est finie. Je vais pouvoir fermer mon blog  d’humeur – de mauvaise humeur - inauguré au lendemain d’une nuit blanche ; reprendre sereinement le chemin du service historique de la marine de Brest et m’attabler avec d’autres compères pour poursuivre mes recherches documentaires. Merci madame Adam ! Merci pour les 800 usagers inscrits !

 

En écrivant, je suis saisi d’un doute. Je sais, pour vous l’avoir présenté dans ce blog, que nous avons fort à faire face à des acteurs déterminés qui paraissent rapidement – trop rapidement – avoir baissé les bras. Il me faut lire sans plus tarder ce fameux communiqué du ministère de la Défense du 8 novembre 2007 dont on nous rabat les oreilles dans la presse locale et qui marquerait, pour le moins, l’abandon du « projet »…

 

Et, oh stupeur à sa lecture : RIEN N’EST CHANGE !

 

Je crois rêver. On ne doit pas parler de la même chose…

 

Pour ma part et comme nombre de brestois dépouillés par la Seconde Guerre Mondiale d’un « écrin » pour ma ville, je suis viscéralement attaché aux collections patrimoniales et historiques de la « vieille Marine » qui ont pu être sauvées du siège de 1944. Je suis aussi fermement attaché à la bibliothèque spécialisée héritière de celle de l’Académie de Marine et à la possibilité de consulter sur place, à Brest, ces trésors.

 

Et de tout cela : RIEN ! PAS UN MOT !

 

L’on sait seulement « qu’il n’est pas envisagé de fermer les antennes du département Marine du service historique de la défense, et plus particulièrement celle de Brest. »

 

Ce n’est pas nouveau. On connaît le refrain depuis la visite à Paris de la députée Lamour. Je m’en suis expliqué dans ma revue d’actualité. C’est du flan… Le SHD de Vincennes veut seulement maintenir l’antenne de Brest et la transformer en entrepôt de traitement des archives contemporaines appelées par les spécialistes, « archives intermédiaires ». Mais cet intermède peut durer plusieurs décennies, plusieurs siècles – hors guerre – avant d’avoir un quelconque intérêt historique. Ce sont des archives dites « courantes » localisées à proximité de leurs lieux de production. Tout un chacun à Brest, comme M. Jourdain, produit dans sa vie professionnelle de « l’archive ». La Marine comme les autres ; mais le certificat de visite médicale de M. Jean Quéméneur de 2005 n’est pas prêt d’avoir un quelconque intérêt historique. Tout cela est SANS INTERET POUR LA RECHERCHE HISTORIQUE.

 

Plus loin dans le communiqué, je cite : « les antennes de Brest, Cherbourg, Lorient, Rochefort et Toulon font l’objet d’une réflexion [elle dure la « réflexion », voir ci-après] visant à faciliter les accès au public, dont les chercheurs, tout en assurant dans les meilleures conditions possibles, la conservation de leurs fonds d’archives. Il est notamment envisagé, grâce à la numérisation de certains des fonds les plus consultés de les rendre accessibles par internet au plus grand nombre, et notamment aux généalogistes. »

 

Cela se complique. Deux remarques :

-         On ne parle pas de la bibliothèque spécialisée. Là a priori la « réflexion » a aboutie…

-         On distingue deux types de « clients » des antennes : les « chercheurs » et « le plus grand nombre, et notamment aux généalogistes »…

Différenciation sur la communication des documents, de l’accessibilité hors internet aux pièces d’archives et à la bibliothèque ? et communication dans quel lieu ? Brest, Rochefort, Lorient ?

 

Visiblement le ministère et nos vagues d’élus et d’universitaires ne parlent pas le même langage ; CE SERAIENT-ILS LAISSER ENFARINER PAR LES PROPOS DE M. BODIN? La question se pose. Je la pose. Qu’est ce que c’est que cette « dissipation des inquiétudes » ? 

 

Pour ma part j’y vois, au contraire, la poursuite d’une volonté affirmée pour noyer le poisson, endormir et casser une mobilisation qui commençait à s’organiser.

 

 

LA BATAILLE N’EST PAS FINIE

ET SI NOUS REPARLIONS DU PROJET ?

 

Mais au fait, comment tout cela est-il arrivé ? Pourquoi tout ce tintouin dans le Landerneau feutré des salles d’archives et de bibliothèques de la Marine ? Quel est le malotru qui nous a occasionné tous ces désagréments ? [je devrais par ailleurs le remercier pour m’avoir permis de faire connaissance avec des dizaines de passionnés du patrimoine brestois…] Mais revenons à nos moutons. Ces questions posées me ramènent invariablement à M. René Estienne, conservateur général du patrimoine au service historique de la Défense à Lorient, Vincennes et Chatellerault, le personnage par qui le « scandale » est arrivé. [cf : les papiers du Télégramme et de Ouest-France dans mon analyse de l’actualité]. Mais, après réflexion – et l’éclairage « avisé » de nombre de correspondants - l’affaire est plus complexe qu’il n’y paraît. Oh bien sûr, M. Estienne est coupable. Mais seulement d’avoir ouvert son sabord avant le reste de sa bordée, sans attendre le coup de sifflet, l’autorisation de son chef de batterie [M. le contrôleur général des armées Eric Lucas, DPMA, ancien directeur adjoint du SGA et acteur incontournable depuis près d’une décennie de la réforme de l’Etat (finances et politique immobilière) au sein du ministère de la défense]. Il a ainsi permis de dévoiler au grand jour la manœuvre du ministère. Depuis : silence sur la ligne de feu. A peine reconnaît-on M. Estienne dans les couloirs du Pavillon de la Reine à Vincennes. On y chuchote qu’il ne parlerait qu’en son nom. Vous parlez du « projet Etienne » ; cela n’engage que M. Estienne, etc. Dure récompense pour quelqu’un qui n’a pas ménagé sa peine ; se dépensant sans compter pour sa grande « œuvre », ballotté par tous les temps, de nuit comme de jour, sur les routes entre Vincennes, Lorient et Chatellerault au grand désarroi de son personnel de Lorient largement laissé à lui-même durant toutes ces pérégrinations.

 

A défaut d’être inscrit au martyrologue des conservateurs du patrimoine, M. René Estienne reste un brave soldat  ; mais dans le monde feutré des moquettes ministérielles il est aussi susceptible de faire – pour le moins - un fusible fort acceptable.

 

Mais nous n’en sommes pas là…et même très loin de là. La bataille continue.

 

Pour le ministère, la « bataille du Patrimoine » est finie avant d’avoir commencée. Nos édiles sont rassurés et propagent à leur retour la bonne nouvelle. Sonnez trompettes : Brest conservera son fonds patrimonial. Ceci est une affirmation. Nous la graverons dans le marbre. Honni soit qui mal y pense !

 

 

Genèse d’un projet annoncé

 

Peut-être. Peut-être. Encore faudrait-il parler le même langage… et si nous parlions du « projet », du fameux « projet »… Tout le monde en parle mais peu l’ont lu. Existe-t-il réellement ? Après enquête il existe bien. Mais il faut le prendre pour ce qu’il est – depuis peu – il serait devenu le projet « Estienne », l’option « Estienne » et non celui du service historique de la défense, département « Marine », avatar malodorant des réflexions du « groupe de travail » chargé de redéfinir le rôle des antennes portuaires du SHD organisé par la note n°9238/DEF/SGA/DMPA/SHD/D du 6 septembre 2006 ; lui-même, fier rejeton d’un « Audit de modernisation de l’archivage du ministère de la défense » l’un des audits des 14 ministères du gouvernement…

 

Vous avez bien lu : 6 septembre 2006 !

 

Je n’ai pas écrit que le projet existe depuis septembre 2006. Ce n’est que depuis le 9 février 2007 que ce « groupe de réflexion » bien intentionné a rendu son rapport à M. Christian Piotre Secrétaire Général de l’Administration [de la Défense], principal conseiller du ministre, autorité hiérarchique de tutelle du service historique de la Défense via la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives… On s’y perd… Visiblement au ministère ils ont même perdu carrément la mémoire. N’ayons aucune crainte cela va leur revenir. En attendant ils sont en retard sur leur calendrier. Ce projet devait être présenté le 19 octobre 2007 par la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (D.M.P.A). Et puis, patatras !… M. Estienne à ouvert son sabord. Le Télégramme a découvert le pot aux roses… Merci M. Stéphane Jézéquel , journaliste au Télégramme.

 

Augurons qu’en ce moment les services de M. Eric Lucas, le D.M.P.A du ministère de la Défense mettent la dernière main au « rustinage » de ce projet malencontreusement dévoilé ;  dont il va devoir présenter à Brest la version  2010-2012 probablement légèrement édulcorée. Rapport dorénavant très attendu de cette vaste « réflexion » sur l’implantation des organismes SHD de la façade atlantique « dans un souci d’équilibre global » et d’une « répartition optimale » de ses moyens. Mais attention : M. Eric Lucas c’est de la grosse pointure ; bien connu des instances syndicales et professionnelles, passé ès-maître en restructurations il ne s’en laissera pas compter. Il nous a envoyé son poisson pilote. Quand il viendra à Brest il apportera l’artillerie lourde.

 

Aussi attendons. Mais vous me connaissez depuis quelques semaines et je ne vais pas pouvoir résister plus longtemps au « (dé)plaisir » de vous faire partager quelques « morceaux choisis » du projet « E ». Vous savez c’est ce fameux projet dont le ministre n’a pas connaissance, une simple synthèse d’une vague réflexion, dont le chef d’état-major de la marine n’a pas même entendu parler – C’est normal, Amiral, Je vous crois. On ne devait vous en parler qu’en « octobre-décembre » quand l’affaire serait mise en boite ; mais il est heureux que pour votre information vous ayez, rue Royale, le Télégramme de Brest et de l’Ouest… et quelques brestois « G2 » soucieux de leur patrimoine.

 

Ou devrais-je dire, feu « projet E », selon les antiennes de nos « politiques » brestois… Il est probablement bien mort dans sa version originale. On y croit ! Mais il en restera toujours quelque chose : un nouveau projet « D. de C. » ou « E. G. », résidus à options d’un éphémère groupe de réflexion. Je ne suis pas devin, mais je suis prêt à parier…Oh, d’ici 2010-2012, il y aura bien de l’eau à couler sous le pont de l’Iroise.

 

 

Le projet « E » : « morceaux choisis »

 

Service Historique de la Défense, département Marine

Projet de réorganisation de la façade atlantique

 

Je vous passe le poème de « L’étape nouvelle d’une longue histoire » et les prémices du « Contexte et missions contemporains » pour entrer dans le vif du sujet avec :

 

[§3] « Des bibliothèques spécialisées à repositionner »

« La question se pose aujourd’hui de le redéfinition de leur positionnement au sein des structures documentaires de la défense et dans le paysage national et international des bibliothèques d’Etat spécialisées. Force est en particulier de reconnaître que partout la fréquentation de leurs salles de lecture, qu’elle soit individuelle ou collective, n’est pas à la hauteur des investissements consentis pour alimenter leurs collections, ni des ressources en personnel employées pour assurer leur ouverture. »

 

« Un service public et des partenariats culturels, scientifiques et pédagogiques à requalifier. »

[je passe. D’ailleurs j’ai pas tout compris…bla, bla, bla…

A partir de maintenant, Brestois, prend ton courage à deux mains et reste zen…il y a moins de « circonlocutions », bla, bla, bla et plus d’uppercuts largement compréhensibles par tous…J’entends, par des non conservateurs du patrimoine. ]

 

Principes de réorganisation [IN EXTENSO]

 

La logique de proximité géographique retenue depuis trois siècles, d’une grande efficacité pour les contacts directs de terrain en matière de collecte de documents et pour l’établissement de partenariats locaux de toutes sortes, pêche en revanche par la faiblesse de structures aux équipes restreintes et aux moyens tout juste suffisants pour développer au mieux un artisanat de qualité, obligeant en permanence les conservateurs à faire des choix en ordre dispersé dans l’accomplissement des responsabilités qui leur sont confiées.

 

L’augmentation des ressources des centres étant économiquement exclue, il ne reste plus pour muscler leurs capacités – une fois retenue cette option parmi les diverses solutions proposées en mars 2007 par le groupe de travail sur l’organisation du département Marine – qu’à mieux répartir leurs missions et à requalifier leurs interventions sur la base des principes suivants :

-         ne plus vouloir tout faire, partout, sans jamais parvenir à tout assumer correctement, mais redistribuer les missions avec leurs moyens associés là où elles sont prioritaires au service de la Défense ;

-         ne pas abandonner d’investissement ni de potentiel de stockage et de relation, en maintenant notre présence sur tous les sites existants ;

-         garantir à la fois le maintien en place et la professionnalisation de tous les personnels, par une politique de formation adaptée et par la reconfiguration progressive des postes au fur et à mesure des vacances ;

-         au prix d’une rupture avec les servitudes du quotidien, réussir le passage à l’ère des méthodes de communication numérique universelle de l’information ;

-         tenir compte autant que possible dans la répartition des missions des spécialités, des priorités et des compétences extérieures locales, tout en créant les conditions d’une programmation concertée et coordonnée dans tous les domaines.

 

Dans ces conditions, la façade Manche Atlantique n’est désormais plus considérée comme la conjonction de quatre services différents, fonctionnant séparément ou en parallèle, mais comme un pôle unique du département Marine, répartissant ses tâches sur quatre implantations.

 

Cela garantit la pérennité de toutes les antennes existantes et leur retour à une dynamique de développement, tout en dégageant le potentiel nécessaire au traitement des fonds ou à l’accueil du public sur place, en renfort des deux autres pôles Marine de Vincennes et de Toulon, ou au profit d’autres composantes du SHD notoirement sous encadrées en matière de personnel scientifique.

 

Cela passe par la mobilité des fonds et des collections, plutôt que par celle des personnels et des structures parties prenantes de la « politique immobilière à même de permettre la reprise des flux entre services d’archives » prévue dans le cadre de l’audit de modernisation de l’archivage du ministère de la Défense. »

 

[Ouf ! vous pouvez reprendre votre souffle. Belle entrée en matière. Le cadre est posé. Les banderilles sont à venir…]

 

« Proposition d’une nouvelle répartition des missions et des compétences

 

Répartition des missions :

 

Brest et Cherbourg reçoivent la responsabilité de la gestion des archives courantes et intermédiaires des services et unités implantées en région maritime Atlantique, par la mise en œuvre prioritaire de l’instruction du 26 septembre 2007 (voir annexe I de l’instruction) avec pour objectif de contribuer le plus étroitement possible au soutien opérationnel direct de la Marine.

 

[Je traduis pour les non pratiquants du monde de l’archivistique navale : « faire la Marie Salope », « stocker » ou plutôt « charrier la Merde » et comme le précise benoîtement le plan « E » : « contribuer… au soutien opérationnel direct de la Marine » et préparer les archives potentielles du prochain millénaire. Voilà qui est bon pour Brest et Cherbourg. Et encore pour combien de temps ? Compte tenu de l’informatisation accélérée des soutiens administratifs embarqués, tant financiers que de ressources humaines le maintien de tels « dépôts » n’est pas pérenne. M. Estienne ne le sait que trop bien.]

 

Rochefort et Lorient, au sein d’agglomérations labellisées villes et pays d’art et d’histoire, reçoivent la responsabilité des missions de service public et de la mise en œuvre des archives définitives et des bibliothèques spécialisées, avec pour objectif de contribuer le plus efficacement possible au rayonnement culturel, scientifique et pédagogique de la Marine. Rochefort est chargé de la période de la « vieille Marine », des origines à la Seconde Guerre Mondiale. Lorient est chargé de la période de la deuxième moitié du XXè siècle.

 

[Je traduis pour les non pratiquants du monde de l’archivistique navale : voilà une mission de seigneur, seule digne de conservateurs du patrimoine patentés. Ne pas confondre avec celle des « graisseux » et autres manutentionnaires du service général, cf. supra]

 

Répartition des compétences :

 

Chaque site reçoit selon ses compétences une responsabilité spécifique qu’il exerce en réseau au bénéfice du pôle atlantique dans son ensemble, voire du département Marine ou de tout ou partie du SHD, dans le cadre d’une système de référents :

 

-         le site de Brest est référent en matière d’archives courantes, secondé par le site de Cherbourg ;

-         le site de Lorient est référent en matière de coordination d’ensemble, pour les questions administratives et de soutien et pour les relations avec le monde universitaire et de la recherche ;

-         le site de Rochefort est référent en matière de bibliothèques, de restauration et de numérisation des documents.

 

Chaque référent est l’interlocuteur privilégié pour expertiser et requalifier toutes les relations du pôle atlantique [avec la Marine, les collectivités territoriales, les associations, le public individuel, les universités, etc.] sous réserve de validation par les autorités du SHD dans le cadre des programmes d’activité de ce service.

 

[Les bras m’en tombent ! Pour Brest, les contacts avec les différentes collectivités territoriales, associations, etc. seront proches de zéro. Incommunicabilité de la majorité des archives courantes et intermédiaires oblige. Mais il y a mieux…]

 

Mutualisation des richesses du service :

 

Compte tenu de leur histoire, des efforts, des sacrifices et des investissements consentis par plusieurs générations de responsables, les archives et les bibliothèques du SHD d’aujourd’hui ne doivent rien à personne, surtout pas sur la façade atlantique. [je souligne]

 

Elles ne mésestiment pas cependant les conséquences engendrées dans un premier temps par la fermeture des salles de lecture de Cherbourg et de Brest et par les transferts d’archives et de fonds de bibliothèques vers Rochefort ou Lorient et inversement de ces sites vers Brest ou Cherbourg ou d’autres départements du SHD.

 

[Ouvrez le ban !:]

 

Mais l’époque n’est plus où la seule thésaurisation en un lieu déterminé pouvait servir de politique patrimoniale et constituer un apport crédible à l’identité des autorités concernées. A l’exemple de la révolution que les systèmes de transmissions, de liaisons tactiques et d’aide au commandement – dont il convient d’assurer la conservation des données majeures, quelque peu négligée jusqu’à présent – ont opérée dans la vie maritime et militaire, nous sommes désormais en mesure de répartir l’action archivistique et bibliothéconomique (sic) en ensembles cohérents et communicants et non plus en composantes isolées et aveuglées par des réflexes compulsifs d’appropriation.

 

[Fermez le ban !

Il est grand temps pour l’auteur d’aller chez le major chercher ses gouttes…contre les réflexes compulsifs d’appropriation. En matière d’appropriation notre conservateur lorientais en connaît un rayon.]

 

Il est clair cependant qu’un certain nombre de cas méritent réflexion et justifient une solution négociée au mieux de l’intérêt public,qu’il soit d’Etat ou territorial (voir l’annexe sur la répartition des fonds). Le temps indispensable pour préparer intellectuellement et matériellement ces opérations a été planifié à échéance du 1er janvier 2012, en tenant compte des rythmes et des délais de la vie universitaire et civile (voir l’annexe calendrier).

 

[Je vous passe les annexes. Toutefois, parmi les exceptions à la règle définie justifiant « une solution négociée » figure le cas des archives de la compagnie des Indes de Lorient qui ne seraient pas versées à Rochefort avec les fonds de la « vieille Marine »… M. Estienne ne veut pas se dessaisir de son « fleuron ». La règle est seulement valable pour les autres. Pour Brest, en particulier, qui fait l’objet d’un passage ciblé haut en couleur. M. le maire de Brest appréciera :]

 

En ce qui concerne l’action envers le grand public, l’impact du SHD reste infinitésimal en comparaison d’équipements comme la Cité de la mer et le Redoutable à Cherbourg, ou Océanopolis à Brest. Quant aux manifestations de masse du patrimoine maritime, elles pourront être soutenues autant sinon mieux qu’avant (rappelons entre autres que la reconstitution des plans de la Recouvrance a été faite à partir d’un dossier conservé à Rochefort, et celle de ses aménagements intérieurs d’après un document fourni par Lorient) en mobilisant l’ensemble des ressources du SHD pour soutenir ces grandes occasions, où qu’elles soient organisées. 

 

[Je traduis : ce serait quand même préférable que toutes ces manifestations aient lieu à Lorient ou Rochefort ; cela éviterait, pour des raisons d’économie, de mobiliser « l’ensemble des ressources du SHD ». A défaut, on viendra, si on peut – et si on veut – donner la main aux « graisseux » de Brest. Tout cela peut être étudié. Nous ferons même l’effort de vous rapporter quelques documents de peu de valeur pour meubler une vitrine d’exposition de Brest 2012. De toute façon vous aurez la même chose sur internet… vers 2050. Nous pourrons en attendant vous fabriquer des fac-similés. Cela devrait suffire pour le public brestois]

 

En ce qui concerne la recherche, les axes d’excellence brestois, dont les ressources documentaires globales (sic) restent quoi qu’il arrive (re-sic) sans commune mesure avec les nôtres, sont dominés par les sciences « dures » (re-re-sic), alors que l’université de Bretagne Sud s’est positionnée depuis sa création comme référence en sciences humaines sur la mer et le littoral, avec un rôle fédérateur pour la recherche française au travers du Groupement d’intérêt scientifique en histoire maritime.

 

[Pour mémoire, en dehors de ses nombreux titres et fonctions, M. Estienne est maître assistant à l’université de Bretagne Sud et spécialiste des « sciences molles »… ceci explique cela.]

 

En ce qui concerne l’aménagement urbain, le SHD est au cœur de l’axe de développement du nouveau centre ville de Lorient, articulé autour du projet culturel du Péristyle, et on ne saurait contester à Rochefort, avec l’Hermione, l’ancien hôpital maritime et le centre de la mer de la corderie, sa légitimité à incarner en France la mise en valeur du patrimoine des anciens arsenaux, pour lequel elle est candidate pour la labellisation au patrimoine mondial de l’humanité. »

 

Alors ? Pas mal le plan « E ». Tout un poème et un véritable plan d’action « anti-brestois » qui s’inscrit dans la durée. Mais à y regarder de plus près c’est tellement « ENORME », tellement cousu de fil blanc qu’il n’est pas possible que le SGA, la DMPA, le SHD, le ministère n’aient pas vu venir notre conservateur lorientais « chef à Vincennes » avec ses gros sabots de chevalier blanc réformateur du SHD de la façade maritime Manche-Atlantique. Mais plus c’est gros et plus cela à de chances de passer auprès d’une hiérarchie absente ou peu concernée par le patrimoine maritime. Une énième question que je me pose : y a-t-il un pilote dans l’avion ? un chef au service historique de la défense ? Dans ces turbulences tout ce petit monde pantouflard sait se montrer fort discret.

 

Je crois fermement et n’en déplaise à nos missionnaires de bonne volonté que l’avenir nous réserve des lendemains qui déchantent.

 

Aussi

 

LA BATAILLE N’EST PAS FINIE…

 

RESTONS MOBILISES !

 

Et communiquons sur le sujet…

A bientôt, malheureusement

 

François OLIER (Brest), 11.11.2007

 

Un grand merci à Pierre, à « tante Jeanne » et à Roger, mes « yannicks » de Paname.

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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 00:45



    Ami(e) Brestois(e)
   
   
Le temps des « billets » de mauvaise humeur est passé et il va falloir porter sur la place publique, chacun dans notre domaine, des arguments pour maintenir à Brest les collections historiques du service historique de la Marine de Brest et contrer ainsi la restructuration qui se préparait « en catimini » depuis de longs mois voire des années…

    Le partage des collections à provenir de Brest et de Cherbourg ne sera pas aisé à effectuer par nos amis lorientais et rochefortais. Mais il est vrai que l’appétit vient en mangeant. J’ai eu beau chercher, à Lorient, je ne trouve pas d’écrin non bétonné disponible à proximité du quai des Indes pour accueillir les collections brestoises ; il n’en est pas de même à Rochefort qui dispose de magnifiques coquilles vides prêtes à accueillir les fonds anciens.

    L’actuel SHD, département Marine de Rochefort me paraît bien à l’étroit rue du Port et bien incapable de loger en son sein les collections à venir. Toutefois, Rochefort dispose d’imposantes ressources immobilières à proximité immédiate, appartenant en propre à la Marine, cédées ou en cours de cession à des partenaires locaux (Mairie, conseil régional, etc.) Parmi celles-ci, l’on peut mentionner, entre autres :

      - le pavillon de l’ancienne école de chirurgie de la marine, maintenu par miracle – et par interventions politiques, depuis 1983 – « sous curatelle », puis transformé en 1986 en établissement public administratif du Musée National de la Marine – en aparté, une belle piste à étudier pour Brest –

      - Le centre international de la Mer et sa magnifique Corderie royale dont le fonds documentaire de « 24 cartons d’archives» est certainement tout disposé à partager son espace avec les milliers de registres et cartons brestois et cherbourgeois.

Et enfin, atout, du moins jusqu’à cet été :

      - le superbe « magasin aux vivres » conçu par Le Vau, construit de 1671 à 1677, dont la sauvegarde fait l’objet d’une importante campagne de promotion à l’échelon local et régional et d’une « guéguerre » municipale – Municipalité contre Tous, Modernes contre Anciens - sur son affectation (patrimoniale ou commerciale, dont casino).

    L’une des associations nationales en pointe dans sa réhabilitation : la société pour la protection des paysages et l’esthétique de la France (S.P.P.E.F.) dispose d’un relais doublement engagé dans sa sauvegarde, en la personne de son délégué local, M. Marc Fardet qui possède une autre casquette, celle de conservateur du service historique de la marine de Rochefort… A l’heure actuelle les « Modernes » de la mairie possèdent l’avantage et ont leur projet de construction hôtelière et commerciale mieux engagé que le projet de réhabilitation des « Anciens », dont M. Fardet.

    Sans avoir beaucoup de suite dans les idées il me paraît cohérent de faire le lien entre cette politique de mise en valeur, d’extension du patrimoine de Rochefort et l’annonce du transfert des collections de la Marine en provenance de Brest et Cherbourg. Mais j’extrapole probablement…

    De toute façon le sus-mentionné, M. Fardet, a plus d’une carte dans son jeu.

    Son atout maître, celui qui lui donne à lui et à son service historique de Rochefort une pérennité confortée par les "poids lourds" politiques locaux de droite comme de gauche (M. Raffarin, président du conseil régional de Poitou-Charente, 1988-2002 et Mme S. Royal, présidente, depuis 2004) c’est que le Service historique de la Marine de Rochefort est « partenaire-pivot » pour le projet d’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO de l’Arsenal maritime de Rochefort.

  Mazette. Mais oui, m’sieur ! rien que ça…

Quelques explications s’imposent, je cite : « Dès 2000, l’Arsenal maritime de Rochefort a été inscrit sur la liste indicative du Patrimoine mondial par l’Etat français (Ministère de la Culture, Direction du Patrimoine). Le Syndicat mixte du Pays Rochefortais [sous-marin du Conseil régional], avec l’appui d’une Mission technique UNESCO s’est engagé depuis février 2003 dans un projet de candidature sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO [paysage culturel évolutif]».

    Ce projet grandiose, à l'échelle d'une carrière ou d'une vie, s’inscrit dans une « Charte patrimoniale » [voir adresse@ infra], énumération précise d’orientations et d’engagements « que les collectivités pourront progressivement traduire par des procédures réglementaires spécifiques.. ». Parmi ces orientations et procédures, dont - le vol est totalement exclu -, à l’article III-I-3, je cite in extenso :

« Conserver, identifier et diffuser les éléments de la mémoire et du patrimoine –
Le renforcement de la diffusion, de la consultation, de la conservation et de l’identification des documents prolongera l’action conduite par chacun des dépositaires dans son domaine (fonds de bibliothèques, archives et collections).
Les inventaires informatisés et leur numérisation, en mentionnant leurs localisations physiques et les conditions d’accès, permettront de favoriser les recherches ou leur découverte in situ ou de manière virtuelle.
Par ailleurs, le maintien des archives de la Marine à Rochefort est indispensable afin que cette source essentielle reste un fonds de travail et de recherche accessible à tous pour une diffusion de la richesse patrimoniale et culturelle et pour la promotion du territoire. »

[je souligne]

    Je précise, mais est-il nécessaire de le souligner, que M. Marc Fardet, conservateur du service historique de la marine à Rochefort est l’un des participants à l’élaboration de la charte patrimoniale.

    Amis brestois, je crois qu’il est temps de prendre conscience que le déménagement des archives de la Marine de Brest vers Lorient et surtout Rochefort entre dans une stratégie patrimoniale globale, réfléchie, politiquement mise en œuvre d’une manière volontariste, depuis les plus hauts sommets de l'Etat et cela depuis 2000.

     Aujourd’hui nous entrons dans la phase active du processus : celle du renforcement du terreau patrimonial existant à Rochefort, celle du remplissage des magnifiques coquilles vides rochefortaises et lorientaises, quitte pour cela  à dérober - pardon, transférer - les collections patrimoniales mal défendues, telles que celles de Brest ou de Cherbourg.
        Pour Rochefort et les dizaines de signataires de "leur" Charte patrimoniale il s'agit d'un contrat d'objectif qui s'inscrit dans le temps et la durée. Ils sont en marche depuis longtemps et ont plus d'une longueur d'avance. Malheureusement pour nous.

                                                                            François OLIER (Brest)


Messieurs et Mesdames les Elus brestois et finistériens, ouvrez les yeux !

Mobilisons nous !

Brestois, ton patrimoine fout le camp !



Merci à mes amis rochefortais Jacques et P.-M.        A bientôt pour Brest 2008...

A LIRE : http://www.poitou-charentes.fr/fr/doc/rochefort-charte.pdf


A LIRE BIENTOT :
« Le jeu des chaises musicales parmi les conservateurs du SHD (2008-2012)… ou d’une certaine compréhension de l’annonce de la fermeture de la bibliothèque et des archives anciennes de la Marine de Brest. »



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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 00:26


MON « COUP DE BOMBARDE » DE LA SEMAINE

(Ouest-France, du 25 octobre, cf. : infra) :
« Il n’est pas question de fermer le service des archives de la Marine. Il est trop facile de dire qu’on a tout supprimé ou qu’on veut tout supprimer ».
Marguerite Lamour, députée de Brest-rural, mais certainement pas de Brest-naval…

Oui, madame la députée, la Marine ne fermera pas le Service Historique de la Marine. Elle transfèrera seulement :

- les archives anciennes, de Louis XIV à 1945 ;
- la bibliothèque de l’Académie de la Marine ;
- les 26000 ouvrages de sa bibliothèque tant ancienne que moderne ;
- Les fonds privés déposés par les brestois de cœur, petits et grands acteurs de notre Histoire navale ;
- Les cartes et plans, les photos…
- Elle fermera sa salle de lecture. Elle n’en aura plus besoin ; les fonds maintenus à Brest étant incommunicables.

Oui, Madame la députée, la Marine ne fermera pas le Service historique de la Marine… Mais quelque part cela y ressemble. Ne croyez vous pas ?






EN LIGNE DE BATAILLE



22 octobre 2007
- Ouest-France, édition de Brest
« Le patrimoine de Brest fiche le camp ! », par Olivier Mélennec.

    Réaction de M. Paul Coat, 86 ans, « doyen des usagers » du service historique de la Marine qui rappelle son attachement viscéral aux collections conservées à Brest et donne au passage « un coup de chapeau » appuyé aux personnels du service, toujours courtois et disponibles. Il s’interroge – avec raison -, comme les étudiants du reste, sur les frais de séjour à Lorient des chercheurs brestois occasionnels…
Brestois ton patrimoine fout le camp !
   



23 octobre 2007
- Le Télégramme de Brest, édition de Brest
"Service historique de la Marine : les syndicats se mobilisent"

    Nouvelles aventures brestoises de M. René Estienne, le professeur Tournesol du SHD qui a dû faire face aux syndicats de l’arsenal qui s’étaient invités à une réunion interne au service historique. Notre grand « maître d’œuvre » de la restructuration annoncée s’en est retourné fâché… Ce ne sont pas des façons de faire.
    Deuxième partie de l’équipée brestoise : rassurer les universitaires brestois de l’UER d’Histoire auxquels on vient enlever un gros os à moelle de leur gamelle :
    En conclusion de l’article, au cours d’un entretien avec le professeur Lançon de l’UBO : une confirmation de l’intention de tout emporter… et jusqu’à la bibliothèque moderne. Il est hors de question de laisser quelque chose à Brest – hormis les archives de la flotte non communicables.
Pour ce qui est des livres en doublons entre les bibliothèques de Lorient et de Brest il reste le pilon… Merci M. Estienne. Que voilà du bel ouvrage. Cette dernière information ne va pas plaire à M. Cuillandre et à son projet de pôle mixte des bibliothèques brestoises. Il pourra peut-être récupérer les doublons après en avoir fait la demande en trois exemplaires à M. Estienne par la voie hiérarchique ?




25 octobre 2007
- Ouest-France, édition de Brest
Archives de la Marine : « Rien de décidé »

Suite à l’intervention de Mme Lamour - notre lauréate de la semaine - , députée du Finistère, auprès du cabinet du ministre de la Défense.
    Que voilà une bonne nouvelle ! je vais pouvoir fermer mon blog…
    Mais à mieux lire, plus de questions que de réponses – opération écran de fumée au ministère de la Défense ?
    Il reste de la lecture du « papier » un certain embarras. M. Estienne paraît bien seul sur le front de la restructuration. Il n’aurait présenté que « sa position » aux personnels du SHD de Brest. Je traduirais bien volontiers « position » par « projet »… mais pas de fausse joie.
    Le ministère confirme – au passage – les grandes lignes de la « position » de M. Estienne :
- Transfert des archives anciennes – et de la bibliothèque.
- Maintien des archives modernes à Brest. On s’en fout ! Elles ne sont pas communicables et sont pour l’essentiel sans aucun intérêt historique (de 1945 à nos jours).
- « Grosse réflexion » sur la numérisation des documents anciens. Tiens mais je croyais que tout serait réglé « d’ici peu » dans le projet de M. Estienne (cf : Télégramme du 12 octobre). Encore du vent. M. Estienne est contredit par sa Haute Hiérarchie. Il y a loin d’une « grosse réflexion » à un réel début d’exécution.

    Enfin et ce n’est pas la moindre nouvelle, le ministère torpille la proposition de médiathèque du maire de Brest : « Des ouvrages d’Etat ne peuvent pas être archivés dans des bâtiments municipaux ». Point de détail. Il suffit de créer un « établissement public » ou de mettre la collection « sous curatelle », à l’instar de ce qui s’est fait à Rochefort avec certaines collections confiées au Musée de la Marine… Allez voir du côté de l’ancienne Ecole de chirurgie de Rochefort, de sa magnifique bibliothèque, de ses archives du XVIIIème siècle…Elles ne dépendent plus du service historique et pourtant ce sont des collections "Marine". Pirouette...

        Hauts les cœurs, le combat continue ! La mairie de Brest va pouvoir faire plancher ses juristes pour monter un dossier béton. Il paraît que nous aussi, à Brest, nous possédons un musée de la Marine.
   


SUR LE PONT moussaillons ! :


M. Jacques LE GUEN, député du Finistère, par une lettre en date du 19 octobre 2007, m’a écrit au sujet de sa démarche auprès du ministre de la Défense afin d’obtenir de plus amples informations sur la fermeture annoncée par la presse et, d’autre part, « si elles étaient confirmées, lui faire part de mon opposition à tout départ de Brest de ce Centre du Service Historique de la Marine.
    La Marine est en effet présente sur la Cité du Ponant depuis plusieurs siècles et a largement contribué à son développement. Les archives correspondantes font partie du patrimoine brestois, et plus largement finistérien. »


Merci et Bienvenu à bord M. LE GUEN.


DANS LA BRUME, à ce jour.
Cela devient une habitude :


Ministère de la Défense PARIS
Service Historique de la Défense VINCENNES
Préfecture maritime de BREST
Municipalités de Lorient, Rochefort, etc.


A très bientôt…malheureusement !



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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 /10 /Oct /2007 22:01


MON « COUP DE BOMBARDE » DE LA SEMAINE

sera réservé… pour la semaine prochaine.
Après leurs coups d’éclat de la semaine dernière nos fossoyeurs du service historique de la Défense l’ont mis en veilleuse. Qui va s’en plaindre ?




EN LIGNE DE BATAILLE

15 octobre 2007
- Le Télégramme de Brest, édition de Brest
Service historique : « Faire peu de cas de notre passé »

    Le Télégramme de Brest rend compte des réactions du conseiller général Joseph Gourmelon et de M. Gaëtan le Guern, adjoint à la culture au maire de Brest lesquels ont adressé au ministre de la Défense deux courriers sans équivoque sur leur souhait du maintien à Brest des collections anciennes de la marine. Une troisième analyse de ce papier signale la visite au SHD de Brest d’une délégation du syndicat CGT qui s’est faite la porte parole des 15 salariés du service, dont « plusieurs d’entre eux ont exprimé leur écoeurement et leur incompréhension quant aux raisons évoquées ».
   

19 octobre 2007
- Le Télégramme de Brest, édition de Brest
Service historique de la Marine : la pression des étudiants

   
    Réaction des étudiants de l’association d’histoire de la faculté Victor-Ségalen, lesquels, à l’unisson crient leur rage de voir le service historique de la défense, département Marine déménager à Lorient et Rochefort ; cette dernière ville possédant « une fréquentation étudiante très modeste par rapport à Brest ». Ils battent le rappel des Brestois et interpellent les « politiques » locaux dont certains à ce jour sont restés bien silencieux.

Leur contact : elussegalen@gmail.com
Association Histoire De Fac. Victor-Ségalen
20 rue Duquesne – 29200 BREST



GLANES SUR INTERNET

    La réaction de M. Yvan MATAGON qui comme nous s’interroge sur la numérisation des fonds, le regroupement à Rochefort des « fonds anciens » - Il pose sans « rire », cohérence oblige, la question de  l’éventuel transfert du « fonds ancien » de la Marine des archives nationales vers Rochefort … Il y ajoute les fonds de Vincennes, d’Aix-en-Provence, etc.
A lire : http://fr.groups.yahoo.com/group/GeneaMarine/message/3731



DANS LA BRUME, à ce jour :

Ministère de la Défense PARIS
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Municipalités de Lorient, Rochefort, etc.


A très bientôt…malheureusement !



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Dimanche 14 octobre 2007 7 14 /10 /Oct /2007 23:07

MON « COUP DE BOMBARDE » DE LA SEMAINE

(Télégramme.com, du 12 octobre, cf. : infra)
Question – Les chercheurs et les généalogistes qui fréquentent ces services devront donc venir à Lorient ?
R. Estienne :  « Oui, ils seront obligés de venir ici. Mais d’ici peu, 100%  des collections seront accessibles en ligne puisque tout va être numérisé. »
René Estienne, conservateur de la Marine à Lorient.




EN LIGNE DE BATAILLE


10 octobre 2007
- Le Télégramme de Brest, édition de Brest
Marine. La fin annoncée d’une bibliothèque – Le service historique de la Marine sera vidé de sa substance – Que devient le personnel ?, par Stéphane Jézéquel.
    Cet article a eu le mérite de sortir de l’ombre et de poser sur la place publique le dossier de la restructuration des services historiques de la défense, département Marine qui couvait depuis de nombreuses semaines et était seulement connu, des initiés. M. Jézéquel bien informé sur le fond a réussi le tour de force de faire « causer » des acteurs qui visiblement, tant au service de la défense à Vincennes qu’à Brest auraient préféré rester muets sur le sujet. Le haut niveau des réponses aux questions du journaliste laisse rêveur – « Rien n’est encore officiel »…. « cette rationalisation s’imposait sûrement »… Il est vrai que les restructurations de ce niveau se nourrissent de l’ombre et du secret. L’attitude de la conservatrice en particulier qui, pour le moins circonspecte, minimise l’intérêt de ses collections laissent mal augurer d’un front uni de défense brestois.

11 octobre 2007
- Le Télégramme de Brest, édition de Brest

Fermeture du service historique de la Marine : des réactions.
    Deux réactions dont l’une d’un étudiant en master à l’UBO et l’autre d’un lecteur « bien informé » sur le réseau des bibliothèques brestoises se positionnent positivement et énergiquement sur l’intérêt de la recherche historique et l’importance du fonds brestois qui va nous être enlevé.

12 octobre 2007
- Le Télégramme de Brest, édition de Brest

Service historique de la Défense : la ville monte au créneau.
    Lettre publique adressée par M. François Cuillandre à M. Hervé Morin, ministre de la Défense sur la fermeture du service historique de la marine de Brest. Réaction énergique et… rapide. M. Cuillandre a certainement été stupéfait de découvrir par la presse le « paquet cadeau » qui était réservé par les services de la Défense à l’un des trésors culturels brestois. Et ne parlons pas de sa réaction épidermique qui transparaît au fil des lignes ; réponse à Mme Guyot la conservatrice de Brest qui a mis en avant l’absence d’intérêt de la ville pour le SHD… Un déni de reconnaissance qui risque d’avoir de sérieuses conséquences pour le fonds historique brestois.
   

Le Télégramme.com, édition du Morbihan
Défense. Le Service historique en mutation. Propos recueillis par Laurent Marc.
    Interview de M. René Estienne, présenté comme le « conservateur de Lorient » des collections du SHD, département Marine. Tout un poème ! A lire absolument sur le net. Mais avant d’aller plus loin il revient de présenter brièvement M. Estienne qui a omis, par prudence ? plutôt que par modestie, plusieurs de ses autres titres. M. Estienne est en fait le grand « Sachem » des conservateurs de la Marine pour l’ensemble des SHD (Vincennes, Toulon, Cherbourg, Brest, Lorient…) Et surtout M. Estienne qui se partage entre le siège central de Paris et son service à Lorient est le grand architecte de toute cette restructuration conduite au bénéfice de Lorient. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. En deux mots, comme il l’affirme dans son entretien : « Si on ne réorganise pas l’on ferme ». C’est à prendre ou à laisser. Ou vous approuvez mon projet ou je saborde [c’est moi qui le dit] l’ensemble. On ne peut pas être plus clair ni plus « marine » dans l’expression. Je ne commenterai pas l’article. Il est à la base de mon « coup de gueule » et j’attribuerai haut la main, à l’unanimité – je suis le seul votant - à M. René Estienne, conservateur du patrimoine, directeur des archives et des bibliothèques du service historique de la défense, département marine, conservateur du service historique de la marine de Lorient et maître de conférences associé à l’université de Bretagne-Sud mon « coup de bombarde » de la semaine (voir en tête de colonne).


DANS LA BRUME, à ce jour :

Ministère de la Défense PARIS
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Municipalités de Lorient, Rochefort, etc.


A très bientôt…malheureusement !



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Samedi 13 octobre 2007 6 13 /10 /Oct /2007 19:00
Lettre ouverte aux brestois(es)
concernant le transfert à Lorient et Rochefort des collections  du service  historique de  la défense, département  Marine  de  Brest 
(Télégramme de Brest du 10 octobre  2007)



CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCEE


    Ami(e) Brestois(e)

        Les collections documentaires du service historique de la marine de Brest (26000 ouvrages et 7000 mètres linéaires d’archives [2001]) partiront pour Lorient mais resteront en Bretagne pour l’essentiel. Que voilà une excellente nouvelle ! Merci M. Morin. Merci M. le Ministre de la défense. Enfin des collections bretonnes, uniques et de première importance qui ne rejoindront pas Paris et les palais nationaux. Mais attention cela ne se fera pas avant juin 2010 (Télégramme, 12 octobre, éd. Morbihan). Quel soulagement. Les universitaires et les généalogistes brestois disposent d’un sursis avant exécution. Après cette date ? Il faudra changer d’orientation de recherche pour les uns ou se mettre au jardinage pour les autres.

        Il est vrai qu’à Brest nous avons la réputation – qui n’est pas usurpée – de ne pas faire de manières et que nous acceptons de céder à ceux qui savent y faire, de larges pans de notre patrimoine et cela depuis des décennies (Canot de l’Empereur, plan-relief de la ville, etc.). A Brest, l’on préfère mettre en valeur les blockhaus – oh ! pardon – les épaves du « patrimoine défensif », modernes vespasiennes des quartiers émergents et laisser filer – en catimini – des fonds d’archives inestimables remontant à Louis XIV. Mais cette conception artistique largement partagée par nos amis lorientais eux aussi grands amateurs de béton armé ne paraît plus leur suffire ; ils lorgneraient avidement vers nos fonds ancestraux et sont prêts à draguer l’archive, de l’Elorn au Couesnon. Ils en ont la volonté affichée, l’entregent politique, les complicités maritimes, scientifiques et humaines. Ne rêvons pas. Toute cette restructuration ne fleure pas bon la lavande et a nécessité – nécessitera encore – des alliances locales peu avouables mises en oeuvre par des technocrates du patrimoine plus habitués à traiter la pièce d’archive à la tonne ou au mètre linéaire qu’à s’en servir comme vecteur de connaissance et autour desquels se contorsionnent les services du ministère de la Défense, les conseils régionaux de Bretagne et de Charente, les municipalités de Brest, Lorient et Rochefort.

    Et nous Brestois. Qu’allons nous faire ? Verser une larme au départ de la première caisse du déménagement ? Inviter nos marins passionnés, nos historiens, nos étudiants, nos généalogistes, nos retraités écumeurs de salles obscures, MM. Jean Quéméneur et Loulou Kervella à prendre une carte d’abonnement TER quotidienne pour Lorient sponsorisée par les services de M. Jean-Yves le Driant, président du conseil régional de Bretagne - et "ancien" maire de Lorient - ? ou nous mobiliser pour maintenir à Brest ce trésor patrimonial ?

    Brestois. De toute façon à entendre le bruissement satisfait des éminences parisiennes missionnées pour la circonstance, l’affaire est faite ; elle est dans le sac et nos fossoyeurs l’ont bien en main. Tout cela se traite entre professionnels, entre honorables conservateurs qui se découpent la France archivistique à l’envi. Mais avant de pleurer et de t’incliner devant le catafalque de ton passé qui fout le camp, je t’invite à te déplacer au service historique de la Marine, rue du commandant Malbert et à découvrir par toi-même les trésors qu’il recèle. Et cela, sans attendre BREST 2008 et la mise ne berne du patrimoine maritime brestois. C’est ton droit - même et surtout - si tu n’es pas marin d’Etat.  C’est aujourd’hui le devoir de chaque brestois de découvrir ou de redécouvrir son patrimoine. Il nous en reste si peu de cette qualité.

Brestois. De prime abord, au service historique, tout te semblera bien neuf, bien tranquille, bien propret, bien « marine ». Tu seras déçu comme je l’ai été il y a plus de trente ans en y entrant pour la première fois. Mais entre nous… c’est une illusion ! Les trésors sont dans la coulisse. Ne te laisse pas démonter. Insiste ! Tu connais la Royale, l’esquive, le rideau de fumée, l’art du camouflage… Ici c’est pareil. Alors voici quelques pistes à explorer avant la mise en bière :

Brestois, demande aux sympathiques agents de salle à consulter la correspondance manuscrite des intendants du roi, celle des préfets maritimes – mais oui, mais oui – les magnifiques registres du bagne, reliés pleine peau, où tu pointeras du doigt le matricule de François Vidocq ; la collection des cartes et plans, celle des cartes postales de la Marine d’antan, le fonds des autographes du conservateur Levot ou les collections bretonnes du médecin général Laurent… et si tu as de la chance – à défaut de temps – tu rechercheras la trace de tes ancêtres parmi les dizaines de milliers de matricules de gens de mer et d’ouvriers du port. Tu pourras y découvrir jusqu’à la couleur de leurs cheveux…

Entre nous : si tu es attaché à ce fonds de documentation et au patrimoine brestois en général. Fais un geste militant. Va te faire établir une carte de lecteur - c'est gratuit !

Brestois, profite bien de ces petits plaisirs de la recherche. Mais n’oublie pas que le temps t’est compté.

Mais au fait. Il me vient comme une idée. Est-elle saugrenue ? A vous de juger :
Pourquoi ne garderions nous pas ces merveilles à Brest ? celles qui intéressent la ville, parmi les plus anciennes comme la correspondance des intendants du roi ou des préfets qui avaient à connaître des affaires de la cité – représentation de l’Etat oblige -, les fonds privés, ceux de l’hôpital maritime, la bibliothèque dite moderne qui fera de toute façon redondance avec les collections lorientaises. Pour nos enfants, pour nos petits-enfants, pour les étudiants qui fréquentent de plus en plus nombreux notre bonne ville. Pourquoi les céder. M. René Estienne, grand manitou des conservateurs de la marine, le lauréat gagnant du concours de la restructuration 2008-2012 du service historique de la défense, interrogé par le Télégramme nous annonce une numérisation imminente des collections. Pour ceux qui travaillent sur ce vaste sujet d’actualité cela prête à sourire et m’a motivé pour commettre ce billet d’humeur. La numérisation des collections de la marine ! Vaste rigolade. Tout brestois en âge de tenir le « mulot » peut aller sur internet vérifier par lui-même qu’il n’ y a pas la moitié du début d’une amorce de réalisation de ce TGV numérique – à l’échelon central, aux archives nationales, à Vincennes, à Toulon, Rochefort, etc. nulle part - . Tout cela n’est qu’effet de communication et propos de circonstance. Mais M. Estienne nous promet « d’ici peu (sic), 100% des collections accessibles en ligne… » ; ça c’est fort ! Je croyais que la Marine était en période de restrictions budgétaires et elle voudrait se lancer dans un chantier pharaonique où même les archives nationales peinent à obtenir un résultat et doivent s’associer avec nos amis canadiens pour mettre sur la toile quelques documents d’archives ciblés sur l’Histoire de la présence française en Amérique du nord – Je crois plutôt que l’on se moque des brestois et que tout argument est bon pour faire passer la pilule et aspirer les collections où qu’elles se trouvent.
 Il reste encore un espoir ténu. Je ne peux pas croire que nos édiles, que nos élus, toutes tendances politiques confondues, laissent filer sans chercher à le retenir ce legs hérité de nos pères, qui a été préservé pour l’essentiel des bombardements de 1944. Ce sera d’autant plus facile que pour le service historique de la marine, ce fonds historique brestois a été « détruit en grande partie pendant la guerre » (voir Télégramme du 10 cotobre). Cette docte affirmation doit faire sourire les chercheurs qui consultent aujourd’hui à Brest parmi les centaines de registres des XVIIème-XVIIIème siècles.

La Marine brade. Alors M. le Maire, profitons en !

    Faites vous céder par la Marine la garde des collections qui intéressent Brest et la vie locale. Si vous avez des doutes, si vous manquez d’idées sur son « devenir » brestois, allez à la rencontre des archivistes municipaux et départementaux, des bibliothécaires, des universitaires. Interrogez vos amis politiques lorientais ou rochefortains. M. le Maire, vous pouvez même contacter Mme Guyot conservatrice du service historique de la marine à Brest et lui témoigner, en dépit de ses dires, tout l’intérêt que vous portez à son travail de conservation et à celui de ses agents (voir Télégramme du 10 octobre). D’autres vous détailleront, mieux que moi, la richesse de ce fonds qui est brestois et finistérien avant d’être « marine » ; de ces collections constituées, avec goût, pièce par pièce, par des générations attachées à Brest et à l’activité littorale, qui pourraient servir de faire-valoir d’excellence au pôle universitaire de la mer, à la nouvelle bibliothèque mixte que vous souhaitez voir développer (municipale et universitaire). Cette acquisition serait un véritable don du ciel pour Brest puisque la marine du Ponant, gardienne tutélaire des collections s’en désintéresse et traite ces trésors du passé comme de vulgaires archives administratives sans âme, sans vie, sans cœur. La Marine solde. Profitons en !

Je ne peux croire que la ville de Brest si attentive aux évolutions culturelles même d’avant-garde ne se penche avec détermination sur le dossier scandaleux du transfert à Lorient et à Rochefort d’un pan entier des « derniers restes » de son patrimoine séculaire.

Brestois, ton patrimoine fout le camp !



    François OLIER (Brest)


Par Olier Francois - Publié dans : DOSSIERS
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