Transfert vers Lorient et Rochefort des fonds historiques (7 kilomètres
de documents) et de la bibliothèque (28 000 ouvrages) du service historique de la défense, département Marine de BREST.
Le projet, un projet, des projets… quel projet ?
Mesdames les députés de Brest,
PARLONS NOUS DU MEME PATRIMOINE ?
Moins d’un mois après le déclenchement des hostilités, le service historique de la défense, département Marine de Vincennes demande l’Armistice dans ce
qu’il est convenu d’appeler dorénavant la « bataille du Patrimoine».
De retour de son expédition parisienne, madame Patricia Adam, députée de la circonscription de Brest-ville, accompagnée d’un trio de courageux
compagnons (MM Urien, Le Guern et Boulaire) est allée recevoir de la bouche de M. Jean-Paul Bodin, directeur adjoint au cabinet de M. le ministre de la défense la confirmation du maintien à Brest
de notre patrimoine tant convoité. Ce dernier, je cite : « a totalement dissipé les inquiétudes concernant la conservation et la consultation des fonds patrimoniaux du service
historique de la Marine à Brest… ». Alléluia ! Merci madame Adam.
Me voilà bien avancé. La guerre est finie. Je vais pouvoir fermer mon blog d’humeur – de mauvaise humeur - inauguré au
lendemain d’une nuit blanche ; reprendre sereinement le chemin du service historique de la marine de Brest et m’attabler avec d’autres compères pour poursuivre mes recherches documentaires.
Merci madame Adam ! Merci pour les 800 usagers inscrits !
En écrivant, je suis saisi d’un doute. Je sais, pour vous l’avoir présenté dans ce blog, que nous avons fort à faire face à des acteurs déterminés qui
paraissent rapidement – trop rapidement – avoir baissé les bras. Il me faut lire sans plus tarder ce fameux communiqué du ministère de la Défense du 8 novembre 2007 dont on nous rabat les
oreilles dans la presse locale et qui marquerait, pour le moins, l’abandon du « projet »…
Et, oh stupeur à sa lecture : RIEN N’EST CHANGE !
Je crois rêver. On ne doit pas parler de la même chose…
Pour ma part et comme nombre de brestois dépouillés par la Seconde Guerre Mondiale d’un « écrin » pour ma ville, je suis viscéralement
attaché aux collections patrimoniales et historiques de la « vieille Marine » qui ont pu être sauvées du siège de 1944. Je suis aussi fermement attaché à la bibliothèque spécialisée
héritière de celle de l’Académie de Marine et à la possibilité de consulter sur place, à Brest, ces trésors.
Et de tout cela : RIEN ! PAS UN MOT !
L’on sait seulement « qu’il n’est pas envisagé de fermer les antennes du département Marine du service historique de la défense, et plus
particulièrement celle de Brest. »
Ce n’est pas nouveau. On connaît le refrain depuis la visite à Paris de la députée Lamour. Je m’en suis expliqué dans ma revue d’actualité. C’est du
flan… Le SHD de Vincennes veut seulement maintenir l’antenne de Brest et la transformer en entrepôt de traitement des archives contemporaines appelées par les spécialistes, « archives
intermédiaires ». Mais cet intermède peut durer plusieurs décennies, plusieurs siècles – hors guerre – avant d’avoir un quelconque intérêt historique. Ce sont des archives dites
« courantes » localisées à proximité de leurs lieux de production. Tout un chacun à Brest, comme M. Jourdain, produit dans sa vie professionnelle de « l’archive ». La Marine
comme les autres ; mais le certificat de visite médicale de M. Jean Quéméneur de 2005 n’est pas prêt d’avoir un quelconque intérêt historique. Tout cela est SANS INTERET POUR LA
RECHERCHE HISTORIQUE.
Plus loin dans le communiqué, je cite : « les antennes de Brest, Cherbourg, Lorient, Rochefort et Toulon font l’objet d’une
réflexion [elle dure la « réflexion », voir ci-après] visant à faciliter les accès au public, dont les chercheurs, tout en assurant dans les meilleures conditions possibles, la
conservation de leurs fonds d’archives. Il est notamment envisagé, grâce à la numérisation de certains des fonds les plus consultés de les rendre accessibles par internet au plus grand nombre, et
notamment aux généalogistes. »
Cela se complique. Deux remarques :
-
On ne parle pas de la bibliothèque spécialisée. Là a priori la « réflexion » a aboutie…
-
On distingue deux types de « clients » des antennes : les « chercheurs » et « le plus grand nombre, et notamment aux
généalogistes »…
Différenciation sur la communication des documents, de l’accessibilité hors internet aux pièces d’archives et à la bibliothèque ? et communication
dans quel lieu ? Brest, Rochefort, Lorient ?
Visiblement le ministère et nos vagues d’élus et d’universitaires ne parlent pas le même langage ; CE SERAIENT-ILS LAISSER ENFARINER PAR
LES PROPOS DE M. BODIN? La question se pose. Je la pose. Qu’est ce que c’est que cette « dissipation des inquiétudes » ?
Pour ma part j’y vois, au contraire, la poursuite d’une volonté affirmée pour noyer le poisson, endormir et casser une
mobilisation qui commençait à s’organiser.
LA BATAILLE N’EST PAS FINIE
ET SI NOUS REPARLIONS DU PROJET ?
Mais au fait, comment tout cela est-il arrivé ? Pourquoi tout ce tintouin dans le Landerneau feutré des salles d’archives et de bibliothèques de la
Marine ? Quel est le malotru qui nous a occasionné tous ces désagréments ? [je devrais par ailleurs le remercier pour m’avoir permis de faire connaissance avec des dizaines de
passionnés du patrimoine brestois…] Mais revenons à nos moutons. Ces questions posées me ramènent invariablement à M. René Estienne, conservateur général du patrimoine au service historique de la
Défense à Lorient, Vincennes et Chatellerault, le personnage par qui le « scandale » est arrivé. [cf : les papiers du Télégramme et de Ouest-France dans mon analyse de
l’actualité]. Mais, après réflexion – et l’éclairage « avisé » de nombre de correspondants - l’affaire est plus complexe qu’il n’y paraît. Oh bien sûr, M. Estienne est coupable. Mais
seulement d’avoir ouvert son sabord avant le reste de sa bordée, sans attendre le coup de sifflet, l’autorisation de son chef de batterie [M. le contrôleur général des armées Eric Lucas, DPMA,
ancien directeur adjoint du SGA et acteur incontournable depuis près d’une décennie de la réforme de l’Etat (finances et politique immobilière) au sein du ministère de la défense]. Il a ainsi
permis de dévoiler au grand jour la manœuvre du ministère. Depuis : silence sur la ligne de feu. A peine reconnaît-on M. Estienne dans les couloirs du Pavillon de la Reine à Vincennes.
On y chuchote qu’il ne parlerait qu’en son nom. Vous parlez du « projet Etienne » ; cela n’engage que M. Estienne, etc. Dure récompense pour quelqu’un qui n’a pas ménagé sa
peine ; se dépensant sans compter pour sa grande « œuvre », ballotté par tous les temps, de nuit comme de jour, sur les routes entre Vincennes, Lorient et Chatellerault au grand
désarroi de son personnel de Lorient largement laissé à lui-même durant toutes ces pérégrinations.
A défaut d’être inscrit au martyrologue des conservateurs du patrimoine, M. René Estienne reste un brave soldat ; mais dans le
monde feutré des moquettes ministérielles il est aussi susceptible de faire – pour le moins - un fusible fort acceptable.
Mais nous n’en sommes pas là…et même très loin de là. La bataille continue.
Pour le ministère, la « bataille du Patrimoine » est finie avant d’avoir commencée. Nos édiles sont rassurés et propagent à leur retour la bonne
nouvelle. Sonnez trompettes : Brest conservera son fonds patrimonial. Ceci est une affirmation. Nous la graverons dans le marbre. Honni soit qui mal y pense !
Genèse d’un projet annoncé
Peut-être. Peut-être. Encore faudrait-il parler le même langage… et si nous parlions du « projet », du fameux « projet »… Tout le monde
en parle mais peu l’ont lu. Existe-t-il réellement ? Après enquête il existe bien. Mais il faut le prendre pour ce qu’il est – depuis peu – il serait devenu le projet
« Estienne », l’option « Estienne » et non celui du service historique de la défense, département « Marine », avatar malodorant des réflexions du « groupe de
travail » chargé de redéfinir le rôle des antennes portuaires du SHD organisé par la note n°9238/DEF/SGA/DMPA/SHD/D du 6 septembre 2006 ; lui-même, fier rejeton d’un « Audit de
modernisation de l’archivage du ministère de la défense » l’un des audits des 14 ministères du gouvernement…
Vous avez bien lu : 6 septembre 2006 !
Je n’ai pas écrit que le projet existe depuis septembre 2006. Ce n’est que depuis le 9 février 2007 que ce « groupe de réflexion » bien intentionné
a rendu son rapport à M. Christian Piotre Secrétaire Général de l’Administration [de la Défense], principal conseiller du ministre, autorité hiérarchique de tutelle du service historique de la
Défense via la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives… On s’y perd… Visiblement au ministère ils ont même perdu carrément la mémoire. N’ayons aucune crainte cela va leur revenir.
En attendant ils sont en retard sur leur calendrier. Ce projet devait être présenté le 19 octobre 2007 par la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (D.M.P.A). Et puis,
patatras !… M. Estienne à ouvert son sabord. Le Télégramme a découvert le pot aux roses… Merci M. Stéphane Jézéquel , journaliste au Télégramme.
Augurons qu’en ce moment les services de M. Eric Lucas, le D.M.P.A du ministère de la Défense mettent la dernière main au « rustinage » de ce
projet malencontreusement dévoilé ; dont il va devoir présenter à Brest la version 2010-2012 probablement légèrement édulcorée.
Rapport dorénavant très attendu de cette vaste « réflexion » sur l’implantation des organismes SHD de la façade atlantique « dans un souci d’équilibre global » et d’une
« répartition optimale » de ses moyens. Mais attention : M. Eric Lucas c’est de la grosse pointure ; bien connu des instances syndicales et professionnelles, passé ès-maître
en restructurations il ne s’en laissera pas compter. Il nous a envoyé son poisson pilote. Quand il viendra à Brest il apportera l’artillerie lourde.
Aussi attendons. Mais vous me connaissez depuis quelques semaines et je ne vais pas pouvoir résister plus longtemps au « (dé)plaisir » de vous
faire partager quelques « morceaux choisis » du projet « E ». Vous savez c’est ce fameux projet dont le ministre n’a pas connaissance, une simple synthèse d’une vague
réflexion, dont le chef d’état-major de la marine n’a pas même entendu parler – C’est normal, Amiral, Je vous crois. On ne devait vous en parler qu’en « octobre-décembre » quand
l’affaire serait mise en boite ; mais il est heureux que pour votre information vous ayez, rue Royale, le Télégramme de Brest et de l’Ouest… et quelques brestois « G2 »
soucieux de leur patrimoine.
Ou devrais-je dire, feu « projet E », selon les antiennes de nos « politiques » brestois… Il est probablement bien mort dans sa version
originale. On y croit ! Mais il en restera toujours quelque chose : un nouveau projet « D. de C. » ou « E. G. », résidus à options d’un éphémère groupe de réflexion.
Je ne suis pas devin, mais je suis prêt à parier…Oh, d’ici 2010-2012, il y aura bien de l’eau à couler sous le pont de l’Iroise.
Le projet « E » : « morceaux choisis »
Service Historique de la Défense, département Marine
Projet de réorganisation de la façade atlantique
Je vous passe le poème de « L’étape nouvelle d’une longue histoire » et les prémices du « Contexte et
missions contemporains » pour entrer dans le vif du sujet avec :
[§3] « Des bibliothèques spécialisées à repositionner »
« La question se pose aujourd’hui de le redéfinition de leur positionnement au sein des structures documentaires de la défense et dans le paysage
national et international des bibliothèques d’Etat spécialisées. Force est en particulier de reconnaître que partout la fréquentation de leurs salles de lecture, qu’elle soit individuelle ou
collective, n’est pas à la hauteur des investissements consentis pour alimenter leurs collections, ni des ressources en personnel employées pour assurer leur ouverture. »
« Un service public et des partenariats culturels, scientifiques et pédagogiques à requalifier. »
[je passe. D’ailleurs j’ai pas tout compris…bla, bla, bla…
A partir de maintenant, Brestois, prend ton courage à deux mains et reste zen…il y a moins de
« circonlocutions », bla, bla, bla et plus d’uppercuts largement compréhensibles par tous…J’entends, par des non conservateurs du patrimoine. ]
Principes de réorganisation [IN EXTENSO]
La logique de proximité géographique retenue depuis trois siècles, d’une grande efficacité pour les contacts directs de terrain en matière de collecte de
documents et pour l’établissement de partenariats locaux de toutes sortes, pêche en revanche par la faiblesse de structures aux équipes restreintes et aux moyens tout juste suffisants pour
développer au mieux un artisanat de qualité, obligeant en permanence les conservateurs à faire des choix en ordre dispersé dans l’accomplissement des responsabilités qui leur sont
confiées.
L’augmentation des ressources des centres étant économiquement exclue, il ne reste plus pour muscler leurs capacités – une fois retenue cette option
parmi les diverses solutions proposées en mars 2007 par le groupe de travail sur l’organisation du département Marine – qu’à mieux répartir leurs missions et à requalifier leurs interventions sur
la base des principes suivants :
-
ne plus vouloir tout faire, partout, sans jamais parvenir à tout assumer correctement, mais redistribuer les missions avec leurs moyens associés là où elles sont prioritaires
au service de la Défense ;
-
ne pas abandonner d’investissement ni de potentiel de stockage et de relation, en maintenant notre présence sur tous les sites existants ;
-
garantir à la fois le maintien en place et la professionnalisation de tous les personnels, par une politique de formation adaptée et par la reconfiguration progressive des
postes au fur et à mesure des vacances ;
-
au prix d’une rupture avec les servitudes du quotidien, réussir le passage à l’ère des méthodes de communication numérique universelle de
l’information ;
-
tenir compte autant que possible dans la répartition des missions des spécialités, des priorités et des compétences extérieures locales, tout en créant les conditions d’une
programmation concertée et coordonnée dans tous les domaines.
Dans ces conditions, la façade Manche Atlantique n’est désormais plus considérée comme la conjonction de quatre services différents, fonctionnant
séparément ou en parallèle, mais comme un pôle unique du département Marine, répartissant ses tâches sur quatre implantations.
Cela garantit la pérennité de toutes les antennes existantes et leur retour à une dynamique de développement, tout en dégageant le potentiel nécessaire
au traitement des fonds ou à l’accueil du public sur place, en renfort des deux autres pôles Marine de Vincennes et de Toulon, ou au profit d’autres composantes du SHD notoirement sous encadrées
en matière de personnel scientifique.
Cela passe par la mobilité des fonds et des collections, plutôt que par celle des personnels et des structures parties prenantes de la « politique
immobilière à même de permettre la reprise des flux entre services d’archives » prévue dans le cadre de l’audit de modernisation de l’archivage du ministère de la Défense. »
[Ouf ! vous pouvez reprendre votre souffle. Belle entrée en matière. Le cadre est posé. Les banderilles sont à
venir…]
« Proposition d’une nouvelle répartition des missions et des compétences
Répartition des missions :
Brest et Cherbourg reçoivent la responsabilité de la gestion des archives courantes et intermédiaires des services et unités implantées en région
maritime Atlantique, par la mise en œuvre prioritaire de l’instruction du 26 septembre 2007 (voir annexe I de l’instruction) avec pour objectif de contribuer le plus étroitement possible au
soutien opérationnel direct de la Marine.
[Je traduis pour les non pratiquants du monde de l’archivistique navale : « faire la Marie
Salope », « stocker » ou plutôt « charrier la
Merde » et comme le précise benoîtement le plan « E » : « contribuer… au soutien opérationnel direct de la
Marine » et préparer les archives potentielles du prochain millénaire. Voilà qui est bon pour Brest et Cherbourg. Et encore pour combien de
temps ? Compte tenu de l’informatisation accélérée des soutiens administratifs embarqués, tant financiers que de ressources humaines le maintien de tels « dépôts » n’est pas
pérenne. M. Estienne ne le sait que trop bien.]
Rochefort et Lorient, au sein d’agglomérations labellisées villes et pays d’art et d’histoire, reçoivent la responsabilité des missions de service public
et de la mise en œuvre des archives définitives et des bibliothèques spécialisées, avec pour objectif de contribuer le plus efficacement possible au rayonnement culturel, scientifique et
pédagogique de la Marine. Rochefort est chargé de la période de la « vieille Marine », des origines à la Seconde Guerre Mondiale. Lorient est chargé de la période de la deuxième moitié
du XXè siècle.
[Je traduis pour les non pratiquants du monde de l’archivistique navale : voilà une mission de seigneur, seule
digne de conservateurs du patrimoine patentés. Ne pas confondre avec celle des « graisseux » et autres manutentionnaires du service
général, cf. supra]
Répartition des compétences :
Chaque site reçoit selon ses compétences une responsabilité spécifique qu’il exerce en réseau au bénéfice du pôle atlantique dans son ensemble, voire du
département Marine ou de tout ou partie du SHD, dans le cadre d’une système de référents :
-
le site de Brest est référent en matière d’archives courantes, secondé par le site de Cherbourg ;
-
le site de Lorient est référent en matière de coordination d’ensemble, pour les questions administratives et de soutien et pour les relations avec le monde universitaire et de
la recherche ;
-
le site de Rochefort est référent en matière de bibliothèques, de restauration et de numérisation des documents.
Chaque référent est l’interlocuteur privilégié pour expertiser et requalifier toutes les relations du pôle atlantique [avec la Marine, les collectivités
territoriales, les associations, le public individuel, les universités, etc.] sous réserve de validation par les autorités du SHD dans le cadre des programmes d’activité de ce
service.
[Les bras m’en tombent ! Pour Brest, les contacts avec les différentes collectivités territoriales, associations, etc.
seront proches de zéro. Incommunicabilité de la majorité des archives courantes et intermédiaires oblige. Mais il y a mieux…]
Mutualisation des richesses du service :
Compte tenu de leur histoire, des efforts, des sacrifices et des investissements consentis par plusieurs générations de responsables, les archives
et les bibliothèques du SHD d’aujourd’hui ne doivent rien à personne, surtout pas sur la façade atlantique. [je souligne]
Elles ne mésestiment pas cependant les conséquences engendrées dans un premier temps par la fermeture des salles de lecture de Cherbourg et de Brest et
par les transferts d’archives et de fonds de bibliothèques vers Rochefort ou Lorient et inversement de ces sites vers Brest ou Cherbourg ou d’autres départements du SHD.
[Ouvrez le ban !:]
Mais l’époque n’est plus où la seule thésaurisation en un lieu déterminé pouvait servir de politique patrimoniale et constituer un apport crédible à
l’identité des autorités concernées. A l’exemple de la révolution que les systèmes de transmissions, de liaisons tactiques et d’aide au commandement – dont il convient d’assurer la conservation
des données majeures, quelque peu négligée jusqu’à présent – ont opérée dans la vie maritime et militaire, nous sommes désormais en mesure de répartir l’action archivistique et bibliothéconomique
(sic) en ensembles cohérents et communicants et non plus en composantes isolées et aveuglées par des réflexes compulsifs d’appropriation.
[Fermez le ban !
Il est grand temps pour l’auteur d’aller chez le major chercher ses gouttes…contre les réflexes compulsifs d’appropriation.
En matière d’appropriation notre conservateur lorientais en connaît un rayon.]
Il est clair cependant qu’un certain nombre de cas méritent réflexion et justifient une solution négociée au mieux de l’intérêt public,qu’il soit d’Etat
ou territorial (voir l’annexe sur la répartition des fonds). Le temps indispensable pour préparer intellectuellement et matériellement ces opérations a été planifié à échéance du 1er
janvier 2012, en tenant compte des rythmes et des délais de la vie universitaire et civile (voir l’annexe calendrier).
[Je vous passe les annexes. Toutefois, parmi les exceptions à la règle définie justifiant « une
solution négociée » figure le cas des archives de la compagnie des Indes de Lorient qui ne seraient pas versées à Rochefort avec les fonds de la
« vieille Marine »… M. Estienne ne veut pas se dessaisir de son « fleuron ». La
règle est seulement valable pour les autres. Pour Brest, en particulier, qui fait l’objet d’un passage ciblé haut en couleur. M. le maire de Brest appréciera :]
En ce qui concerne l’action envers le grand public, l’impact du SHD reste infinitésimal en comparaison d’équipements comme la Cité de la mer et le
Redoutable à Cherbourg, ou Océanopolis à Brest. Quant aux manifestations de masse du patrimoine maritime, elles pourront être soutenues autant sinon mieux qu’avant (rappelons entre autres que la
reconstitution des plans de la Recouvrance a été faite à partir d’un dossier conservé à Rochefort, et celle de ses aménagements intérieurs d’après un document fourni par Lorient) en mobilisant
l’ensemble des ressources du SHD pour soutenir ces grandes occasions, où qu’elles soient organisées.
[Je traduis : ce serait quand même préférable que toutes ces manifestations aient lieu à Lorient ou Rochefort ;
cela éviterait, pour des raisons d’économie, de mobiliser « l’ensemble des ressources du SHD ». A défaut, on viendra, si on peut – et si on veut – donner la main aux
« graisseux » de Brest. Tout cela peut être étudié. Nous ferons même l’effort de vous rapporter quelques documents de peu de valeur pour meubler une vitrine d’exposition de Brest 2012.
De toute façon vous aurez la même chose sur internet… vers 2050. Nous pourrons en attendant vous fabriquer des fac-similés. Cela devrait suffire pour le public brestois]
En ce qui concerne la recherche, les axes d’excellence brestois, dont les ressources documentaires globales (sic) restent quoi qu’il arrive (re-sic) sans
commune mesure avec les nôtres, sont dominés par les sciences « dures » (re-re-sic), alors que l’université de Bretagne Sud s’est positionnée depuis sa création comme référence en
sciences humaines sur la mer et le littoral, avec un rôle fédérateur pour la recherche française au travers du Groupement d’intérêt scientifique en histoire maritime.
[Pour mémoire, en dehors de ses nombreux titres et fonctions, M. Estienne est maître assistant à l’université de Bretagne
Sud et spécialiste des « sciences molles »… ceci explique cela.]
En ce qui concerne l’aménagement urbain, le SHD est au cœur de l’axe de développement du nouveau centre ville de Lorient, articulé autour du projet
culturel du Péristyle, et on ne saurait contester à Rochefort, avec l’Hermione, l’ancien hôpital maritime et le centre de la mer de la corderie, sa légitimité à incarner en France la mise en
valeur du patrimoine des anciens arsenaux, pour lequel elle est candidate pour la labellisation au patrimoine mondial de l’humanité. »
Alors ? Pas mal le plan « E ». Tout un poème et un véritable plan d’action « anti-brestois »
qui s’inscrit dans la durée. Mais à y regarder de plus près c’est tellement « ENORME », tellement cousu de fil blanc qu’il n’est pas possible que le SGA, la DMPA, le SHD, le ministère n’aient pas vu venir notre conservateur lorientais « chef à Vincennes » avec ses gros sabots
de chevalier blanc réformateur du SHD de la façade maritime Manche-Atlantique. Mais plus c’est gros et plus cela à de chances de passer auprès d’une hiérarchie absente ou peu concernée par le
patrimoine maritime. Une énième question que je me pose : y a-t-il un pilote dans l’avion ? un chef au service historique de la défense ? Dans ces turbulences tout ce petit monde
pantouflard sait se montrer fort discret.
Je crois fermement et n’en déplaise à nos missionnaires de bonne volonté que l’avenir nous réserve des lendemains qui
déchantent.
Aussi
LA BATAILLE N’EST
PAS FINIE…
RESTONS MOBILISES !
Et communiquons sur le sujet…
A bientôt, malheureusement
François OLIER (Brest), 11.11.2007
Un grand merci à Pierre, à « tante Jeanne » et à Roger, mes « yannicks » de Paname.